Week-end à Beaune

Publié le par Loïck

Réaliste quant à ma faible connaissance des vins de bourgogne, je me suis décider de me rendre sur le terrain accompagner d’un bon pote.
Rapidement un accord fut trouvé pour la date du 25-26-27 avril.
Réserver un hôtel. Ce sera le grillon à Beaune.
Prendre des rendez vous chez quelques vignerons, non sans l’avis de connaisseurs (merci à celui qui m’a donné ses tuyaux, il se reconnaîtra). Nicolas Rossignol le samedi matin à Volnay, puis le domaine Tissier en début d’après midi à Meursault.
Réserver un restaurant pour le vendredi soir (les tontons à Beaune), et pour le samedi soir (la cave de la madeleine lui aussi à Beaune).
Regarder une dernière fois la météo, un grand soleil est à annoncer, tant mieux !
Faire son sac, et puis…c’est bon, on peut y aller !

C’est donc tout feu tout flamme que nous partons vers Beaune sous un ciel dégagé.

Nous prenons nos quartiers dans à l’hôtel le Grillon qui, dés le départ, nous fait forte impression.

Vers 20h00 nous arrivons au
« comptoir des tontons ». La salle façon bistrot ne contient que peu de couvert (donc réservation impérative). La cuisine est savoureuse, goûteuse et elle aussi façon bistrot (nous avons eu en plat un merveilleux jarret de veau confit au vin doux et aux olives verte) Côté vin la carte est magnifique, de nombreuses références y figure (de bourgogne et d’ailleurs).


Suite aux conseils du patron, nous optons pour un Pommard « la vache » 2005 du domaine Violot-Guillemard.
Le nez, déjà très ouvert, est puissant
sur des notes de cerise bigarreau confite, de fruits noirs et d’épices.
La bouche est suave, ronde, campée sur des tanins veloutés.
Nous avons pris beaucoup de plaisir avec ce vin avenant et charmeur. Ca commence fort !

 

Réveil difficile le lendemain, la nuit fut longue…

Nous avons rendez-vous à 10h30.


DOMAINE NICOLAS ROSSIGNOL :

A notre arrivée, Nicolas Rossignol n’est pas là. Par contre un couple d’Italien avec leurs 2 filles attendent eux aussi (ils avaient pris RDV pour 10h00).

En attendant le vigneron nous discutons avec Francesco, grand connaisseur et passionné de vins. Une sympathie s’installe. Il me demande si nous avons d’autres rendez-vous, je lui réponds que oui et l’invite à se joindre à nous pour la dégustation de l’après-midi à Meursault.

Nicolas Rossignol arrive à 11h00 et dans une franchise toute naturelle nous dit qu’il a « zappé ». Pas grave, nous avons pris le soleil et rencontré des gens très sympa.

Je vais essayer de décrire certains des vins et le style général car je n’ai pris que peu de notes.

Nous commençons la dégustation avec le Bourgogne l’Héritière 2006. L’héritière car les vignes sont l’héritage du travail de son grand père. La parcelle fut plantée en 1922 !
La robe surprend par sa couleur grenat sombre.
Le nez est un festival de nuances animales et fruité.
La bouche est intense, droite et savoureuse.
Nous sommes tous surpris par la grande qualité de ce vin, « simple » bourgogne. Le prix est lui aussi fort intéressant : 13€

Volnay 1er cru – Les santenots 2006:
La robe est un poil plus soutenue que le précédent.
Le nez propose lui aussi de fortes notes animales, accompagnées par des notes épicées et de fruits frais.
La bouche possède un coté gourmand très agréable, elle n’en n’est pas moins dénuée d’une structure tannique qui mérite de se fondre avec l’âge. Belle intensité en bouche. Le vin est charmeur, et se termine sur une belle pointe d’acidité. 35€

Volnay 1er cru – Les santenots 2005:
Le nez de celui-ci ne parle pas trop. Le millésime 2005 a fait des vins denses et structurés, taillé pour la garde. Ce vin en est la parfait exemple. Tannins et acidité forment une bouche toute en longueur d’un vitalité incroyable. Vin de garde. 35€ 

Volnay 1er cru – Les santenots 2002:
La robe est d’une extrême jeunesse.
Le nez embaume la framboise fraîche, la groseille et la griotte. Le raffinement est au rendez-vous.
Cela ce confirme en bouche. Le vin est d’une finesse et d’une délicatesse hors norme. La classe ! 35€

Volnay 1er cru – Clos des angles 2003 :
La robe est quasi noire (millésime oblige).
Le nez exhale des senteurs de fruits noirs.
L’attaque est pleine de fraicheur et le vin solide. La finale n’a pas la classe ni la fraicheur des précédents. Le vin n’en reste pas moins très joli. 

Beaune – 2006 :
Ce vin est ouvert depuis 2 semaines.
A notre grande surprise le vin possède une jeunesse et une pureté de fruit qui nous interpelle.
Cette expérience est très intéressante, et prouve qu’il faut laisser du temps aux vins du domaine.

 


Le style des vins est moderne, raffiné avec structures tannique et acide solides. Il le dit lui-même : ces vins sont a dégusté dans la durée.

Nicolas nous a expliqué au maximum (in English please !) les différences entre ces terroirs (pour le temps imparti), a quel point il s’adapte au millésime (pas de bois neuf en 2004 pour ne pas avoir de tanins secs…), et son changement de style (vers moins d’interventionnisme et des vins plus en finesse).
L’échange fut convivial et très agréable. Il nous promet une dégustation plus complète la prochaine fois, et ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd!

Nous partons vers 12h00. Juste le temps pour nous de nous restaurer en terrasse à Meursault et de partir à 14h00 vers me domaine Tessier.


DOMAINE TISSIER :

Nous sommes très gentiment accueillis au domaine par Arnaud (le vigneron) et sa sœur Maud. Après 5 minutes d’attentes Francesco, sa femme et leurs 2 filles arrivent et se joignent à nous pour la dégustation.

On sent l’enthousiasme d’Arnaud et da sa sœur à nous recevoir et dés le départ la discussion est entrelacé d’éclats de rire.


Francesco au 1er plan ,Paul au second, puis Arnaud Tissier, et sa soeur Maud (de dos)

Arnaud (24 ans) a repris le domaine il y a deux ans suite au décès de son père. En 2006 il a vinifié 2 cuvées pour seulement 600 bouteilles.

Nous commençons la dégustation par Meursault Casse tête 2006.
La robe est claire
Nez minéral, légèrement fermé.
Le vin est riche, avec un joli gras sans être dépourvu de nervosité.
Belle entrée en matière ! 19€

Meursault Les charmes du dessus 2006 :
La robe est paille à reflets verts.
Le nez ne parle pas beaucoup, on ressent quand même des nuances minérales.
La bouche est ciselée et d’une magnifique droiture. Le vin est solide avec du gras en fin de bouche et la finale minérale.
Très beau 1er cru. Le temps ne devrait pas lui poser de problème…
Déjà beaucoup de potentiel pour son premier millésime !

 


Puis nous dégustons les vins sur fût (il y a 3 fûts de chaque cuvée : 1 fût neuf, 1 fût d’un vin et un fût de deux vins). 

Meursault Casse tête 2007 :
Nez ouvert marqué principalement par les fruits et notamment les agrumes (avec une impression « jus de citron » très marquée).
Le vin est plus tranchant que son prédécesseur.
Joli.

Meursault Les charmes du dessus 2007
Le plus minéral de tous, de loin.
Il a un profil dépouillé, avec une grande acidité.
Magnifique et prometteur

Meursault Genévrières 2007 :
Il est au nez comme en bouche aromatique.
Il possède plus de volume que les charmes mais moins de finesse. Il reste une pointe de sucre (4 grammes), que l’on ressent en finale.


Les 2/3 de la production d'Arnaud pour 2007


Sans aucun doute les 2007 possèdent plus de tension que les 2006 qui se révèlent plus souple. Les vins sont ciselés et dans un style pur (surtout les charmes ; que j’ai adoré).

Ce garçon a du potentiel !

Magnifique découverte tant humaine (car l’accueil fut hors norme), que vineuse. Je reviendrai goûter les 2007 en bouteille.

Bilan ultra positif : 2 dégustations, 2 très belle découvertes.


Nous décidons de terminer notre périple bourguignon par un dîner à la cave de la madeleine à Beaune.
Ambiance table d’hôte avec une énorme table au milieu de la cave ou les convives mangent les uns à côtés des autres…qui retrouvons nous à côté de nous….le couple d’Italien. Décidant nos destins étaient liés ce jour (et tant mieux).
La cuisine est de type bistrot/brasserie (avec un magnifique faux-filet de charolais). Pour accompagner notre repas nous commandons (avec l’avis du patron of course) une bouteille de
Marsannay Les Longeroies 2005 de chez Denis Mortet. Nous en donnons un verre à Francesco (car nous sommes à l’apéritif), qui est conquis. Notre tour vient de goûter cette bouteille. Le vin est magique et nous donne beaucoup d’émotion tant tout paré à sa place. Le nez est intense et marqué par de notes de cerise. La bouche possède une finesse de tannins splendide, elle est ronde aromatique et intense (même si elle est pas très complexe, car uniquement fruité). Il se dégage une telle homogénéité de ce vin ! Bravo !


Nous repartons le lendemain avec beaucoup de regrets mais surtout avec des souvenirs plein la tête et des bouteilles plein le coffre. Beaune à bientôt, c’est sur.

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Baraou 30/04/2008 17:06

Nicolas, Nicolas, c'est pas bien ça de zapper les rendez-vous... Aller, Loïck, prochaine journée de dégustation, il sera à Bû !